GENRE ET RÉVOLUTION SOCIALISTE
Ces textes font apparaître les enjeux de l’organisation autonome et du travail de soin et de reproduction dans le récit de luttes antisexistes, anti-impérialistes et anticarcérales. En faisant dialoguer l’héritage des luttes anticoloniales, le mouvement féministe, les mobilisations de prisonniers et les combats du Sud global contre l’impérialisme, ce recueil transforme cette mémoire en une proposition stratégique — la stratégie de l’autonomie.
Source : Premiers matins de novembre éditions
Assata Shakur fut, dans les années 60 et 70, militante du Black Panther Party et de l'Armée de Libération Noire. Elle a connu le formidable bouillonnement d'une époque de révoltes et d'espérances pour les Noirs des États-Unis, comme la répression. De sa tendre enfance à son exil à Cuba, ses souvenirs se structurent autour du récit d'un emprisonnement de six ans. Une exceptionnelle leçon d'histoire populaire et d'engagement dans laquelle Assata dresse un portrait sans fard de l'oppression raciale et de la violence capitaliste aux États-Unis. Cette autobiographie est une lettre d'amour au peuple noir ainsi qu'à tous les opprimés. Une source d'inspiration inaltérable pour celles et ceux qui, à travers le monde, exigent la dignité et la justice.
Source : Premiers matins de novembre éditions
Ce livre présente une histoire des Féminismes Noirs et les grands concepts qui sous-tendent leurs luttes. L’autrice aborde plusieurs thématiques dans lesquelles ces féminismes s’engagent et produisent une pensée qui fournit un bagage théorique et militant incontournable pour la justice sociale, antipatriarcale et anticapitaliste – l’espace à soi, l’abolitionnisme carcéral, la mémoire de l’esclavage, le rapport au corps, sans faire l’économie des sujets qui divisent encore.
Source : Éditions Libertalia
Dans Left of Karl Marx, Carole Boyce Davies examine l'engagement militant, les écrits et l'héritage de Claudia Jones (1915-1964), intellectuelle radicale afro-caribéenne pionnière, communiste convaincue et féministe. Jones est inhumée au cimetière de Highgate, à Londres, à la gauche de Karl Marx — un emplacement que Boyce Davies juge tout à fait approprié, compte tenu de la manière dont Jones a élargi le marxisme-léninisme pour intégrer les questions de genre et de race à sa critique politique et à son militantisme.
Disponible en téléchargement gratuit ici.
Source : Duke University Press
Comment faire tourner les usines sans les travailleurs vigoureux, nourris, blanchis, qui occupent la chaîne de montage ? Loin de se limiter au travail invisible des femmes au sein du foyer, Federici met en avant la centralité du travail consistant à reproduire la société : combien couterait de salarier toutes les activités procréatives, affectives, éducatives, de soin et d’hygiène aujourd’hui réalisées gratuitement par les femmes ? Que resterait-il des profits des entreprises si elles devaient contribuer au renouvellement quotidien de leur masse salariale ?
La lutte contre le sexisme n’exige pas tant l’égalité de salaire entre hommes et femmes, ni même la fin de préjugés ou d’une discrimination, mais la réappropriation collective des moyens de la reproduction sociale, des lieux de vie aux lieux de consommation – ce qui dessine l’horizon d’un communisme de type nouveau.
Source : La fabrique éditions
PHILOSOPHIE POLITIQUE
L’objectif communiste sera la destruction de l’ordre bourgeois, de son État et du système de production fondé sur le profit. « La bourgeoisie, répétait Marx, se souviendra longtemps de mes furoncles. » Que signifient aujourd’hui ces écrits ? Sont-ils l’âme d’une revendication révolutionnaire riche d’espoir pour l’humanité ou le credo d’une entreprise de domination de millions d’hommes ? Commentla théorie révolutionnaire est-elle devenue un mouvement d’asservissement politique ? Marx affirmait qu’il n’était pas marxiste. On l’a divinisé, lui qui avait « de la haine pour tous les dieux ». Toute l’histoire de notre temps dépend de ce manifeste.
Source : Le Livre de Poche
En démystifiant les figures historiques inexorablement citées par la majorité de ceux qui défendent la non-violence comme un absolu — Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela —, en exposant les réalités complexes derrière leurs accomplissements (souvent réduites à des simplismes mensongers), et en exposant les nombreux problèmes d’éthique qui découlent de l’absolutisation de la non-violence, Gelderloos nous offre ici un ouvrage essentiel qui devrait nous aider à sortir de l’impasse manifeste dans laquelle s’enlisent les mouvements militants.
Loin de faire l’apologie d’une violence irraisonnée, ce livre déboulonne l’argumentaire fallacieux de ceux qui affirment que la non-violence est la seule méthode acceptable de lutte face à la violence du capitalisme et de l’État.
Source : Éditions Libres
Comment vivre et s'émanciper dans un monde façonné par l'oppression raciale ?
En commençant par en reconnaître la dimension systémique : plus qu'une idéologie de haine, plus qu'une question individuelle ou morale, c'est un régime politique, dont les fondements historiques et philosophiques continuent d'opérer aujourd'hui.
Dans ce livre, Amandine Gay en dévoile les ressorts à travers une exploration de son propre parcours et des classiques de la pop culture : de la domination adulte à la famille en passant par l'amitié, la sexualité ou le travail, elle identifie les manifestations quotidiennes de la suprématie blanche et les mécanismes de sa perpétuation.
En observatrice sagace des rapports de pouvoir, elle pointe les formes ordinaires de la violence raciale mais aussi les moyens de s'en libérer. Dans le sillage des Jacobin.es noir.es dont elle reprend la déclaration d'indépendance postrévolutionnaire, l'autrice nous invite à nous décentrer et à nous engager dans un antiracisme actif, conditions indispensables d'une émancipation qui serait vraiment celle de tou.tes.
Source : La Découverte
Dans le choix et la présentation des textes, ce livre a pour but de faire comprendre l’actualité de Gramsci, son importance dans la réflexion stratégique, dans la compréhension des crises du capitalisme, dans l’adaptation du marxisme à la crise du mouvement ouvrier et aux luttes anticoloniales, antiracistes, féministes et écologiques.
On y trouvera les raisons qui font aujourd’hui de l’œuvre de Gramsci un outil révolutionnaire essentiel, de l’Argentine à l’Allemagne en passant par l’Inde et l’Angleterre. Pour la France, il était grand temps.
Source : La fabrique
Les coordonnées idéologiques et la logique culturelle de notre époque peuvent se rapporter au constat suivant : il est plus facile d’imaginer la fin du monde que celle du capitalisme. Un sentiment répandu, diffus, selon lequel il s’agirait du seul système économique et politique viable, et qu’il serait désormais impossible d’en imaginer une alternative cohérente et plausible. C’est ce que Mark Fisher nomme le « réalisme capitaliste », qu’il se propose de décrypter et de critiquer radicalement.
Source : Entremonde
Il est temps de rouvrir le futur et de faire mentir l'adage selon lequel il serait plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme.
Ce livre prend acte de l'échec catastrophique des projets dits " communistes " du XXe siècle comme des menaces pesant sur l'habitabilité de la terre et la survie des espèces. Ce faisant, il cherche à aller au-delà d'une critique du capitalisme restée impuissante et souvent éloignée des enjeux écologiques. Il étend, de ce fait, notre compréhension du capitalisme bien au-delà des questions économiques, qui ont considérablement restreint l'analyse et le débat. Le dépassement du capitalisme ne peut se concevoir sans une redéfinition de nos manières de vivre, de coexister, de nous relier aux autres vivants et de donner sens à nos existences.
Ce livre prend acte de l'échec catastrophique des projets dits " communistes " du XXe siècle comme des menaces pesant sur l'habitabilité de la terre et la survie des espèces. Ce faisant, il cherche à aller au-delà d'une critique du capitalisme restée impuissante et souvent éloignée des enjeux écologiques. Il étend, de ce fait, notre compréhension du capitalisme bien au-delà des questions économiques, qui ont considérablement restreint l'analyse et le débat. Le dépassement du capitalisme ne peut se concevoir sans une redéfinition de nos manières de vivre, de coexister, de nous relier aux autres vivants et de donner sens à nos existences.
En s'intéressant aussi bien aux rêves qu'aux psychés postcapitalistes, aux matériaux qu'aux techniques, à la mort qu'aux religions, aux conflits et à la guerre qu'aux fêtes et aux rituels, à l'éducation qu'aux échelles d'organisation de la vie sociale, à l'amour qu'aux arts ou à la famille qu'aux genres ou à la monnaie, ce livre contribue à façonner non pas un programme, encore moins une doctrine, mais une pluralité d'images et de chemins pouvant contribuer à bâtir une société plus libre et épanouissante, plus respectueuse de la planète.
Source : La Découverte
« Si l’éducateur est celui qui sait, si les élèves sont ceux qui ignorent, il incombe au premier de donner, de remettre, d’apporter, de transmettre comme en dépôt son savoir aux seconds. Il n’est donc pas étonnant que, dans cette vision “bancaire” de l’éducation, les élèves soient vus comme des êtres d’adaptation, d’ajustement. Et plus ils s’emploient à archiver les dépôts qui leur sont versés, moins ils développent en eux la conscience critique qui leur permettrait de s’insérer dans le monde, en transformateurs de celui-ci. En sujets. Dans la mesure où cette vision bancaire de l’éducation annule ou minimise le pouvoir créateur des élèves, qu’elle stimule leur naïveté et non leur esprit critique, elle satisfait les intérêts des oppresseurs : pour eux, il n’est pas fondamental de mettre à nu le monde, ni de le transformer.
Les oppresseurs maintiennent les masses aliénées, à travers des mythes indispensables au statu quo. Par exemple, le mythe selon lequel tout un chacun, à condition de ne pas être fénéant, peut devenir un entrepreneur ; le mythe de l’héroïsme des classes oppressives, comme gardiennes de l’ordre ; le mythe du droit de toutes et tous à l’éducation. »
Source : Agone
Chez Gramsci, l'indignation ne suffit pas, si elle est le simple mouvement du coeur : elle commande l'analyse. Haïr l'indifférence, c'est à la fois haïr l'acceptation des choses comme elles vont et détester la confiance faite aux experts qui n'est autre que la paresse qui contribue au cours des choses quand elle ne se contente pas de la justifier. On trouvera ici un bréviaire de rébellion contre les choses comme elles vont et des instruments d'analyse.
Source : Rivages
Parce que, depuis plusieurs décennies maintenant, la gauche ne cesse de stagner, de régresser, voire de perdre l’ensemble des batailles, il est nécessaire de nous interroger sur nos stratégies, nos réflexes, nos manières de penser et de lutter : A quelles conditions la gauche pourrait-elle redevenir puissante politiquement ?
Source : Fayard
RACE ET CAPITALISME
Le philosophe Charles W. Mills expose les failles du contrat social, qui est avant tout un contrat racial. Ce contrat a façonné le système de domination européenne qui fait exister les Blancs en tant que personnes à part entière et les non-Blancs en tant que sous-personnes. Charles W. Mills place la justice raciale au centre de ses analyses. Réfutant l’idée du contrat social, Mills évoque plutôt le contrat racial où l’ordre racial crée les assises de nos sociétés, la reconduction des privilèges et la domination.
Source : Mémoire d'Encrier
En réunissant des textes où Rodney approfondit l'articulation entre race et classe, ce livre regroupe ses réflexions sur la pédagogie radicale. Il esquisse des programmes pour des États-nations nouvellement indépendants, examine les défis d'une historiographie anticoloniale et dresse le bilan d'une douzaine de guerres de libération nationale. Ce volume saisit toute l'ampleur et la puissance de son œuvre. Il met également en lumière la constance inébranlable qui unit sa vie et son travail : la réinvention permanente d'une conception vivante du marxisme et le respect du potentiel encore inexploité de l'autogouvernement populaire.
Source : Verso Books
Ce livre raconte ainsi la longue histoire de ce qu’on nomme aujourd’hui le « capitalisme racial », créature à deux têtes qui fut décrite et combattue de longue date par des marxistes hétérodoxes anticolonialistes, de Rosa Luxemburg à W. E. B. Du Bois, des Antilles aux terres amérindiennes. À l’aune de leur pensée et des humanités environnementales et alors qu’il est convenu d’opposer luttes de classe et revendications raciales, Sylvie Laurent exhume la tradition intellectuelle riche et méconnue du dépassement de ce clivage.
On redécouvre alors que, tant le personnage de Robinson Crusoé que Voltaire, Adam Smith et Tocqueville, ont forgé ce capitalisme historique arrimé à la domination raciale. Les États-Unis, leur horizon, sont également dévoilés : bien loin de la terre disponible à l’infini et des libertés du marché, ils sont en réalité l’empire du capitalisme racial. Il était temps que Karl Marx et Martin Luther King se retrouvent enfin.
Source : Seuil
Comment l’Europe sous-développa l’Afrique interroge le partage du monde en deux catégories, celles du sous-développement et du développement, et démontre à travers une grille d’analyse marxiste que le sous-développement de l’Afrique est le résultat direct de l’exploitation et de la domination du continent par les puissances coloniales européennes. Plus important encore, Walter Rodney avance que l’Europe a non seulement appauvri l’Afrique, mais qu’en retour l’Afrique a contribué, dans des proportions largement sous-estimées, au développement de l’Europe. Fort de cette démonstration, l’auteur donne également des pistes pour la mise en place de politiques plus justes et équitables qui favoriseraient le développement d’une justice sociale en Afrique.
Source : Édition B42
Après l’immigré OS à vie et l’épicier maghrébin, le chauffeur Uber racisé se présente comme une nouvelle figure du système d’emploi. Si le déploiement des plateformes numériques marque l’avènement de formes renouvelées, voire exacerbées d’exploitation, il s’inscrit dans un capitalisme racial de plateforme reposant sur celle d’hommes racisés. L’enquête inédite menée auprès d’une centaine de chauffeurs Uber à Paris, Londres et Montréal est l’occasion d’aller à la rencontre de cette figure emblématique de l’« ubérisation » pour décrire la réalité de leur quotidien de travail.
Source : Irisso
ÉCOLOGIE ANTI-COLONIALE ET RÉVOLUTIONNAIRE
Nêgo Bispo nous offre ici un texte poétique puissant pour relever les défis de notre temps.
Avec ses « mots semés », il détruit les fondements du monde colonial occidental, montre les relations vitales aux animaux, à notre corps, à nos jardins, à notre façon de manger, de construire nos maisons et nous invite à une autre façon de parler et de penser.
À partir de ses expériences de vie, notamment dans les quilombos, l’auteur propose un point de référence pour s’orienter : ce qu’il appelle la position contre-coloniale.
Le manifeste oral d’un grand maître afro-brésilien de quilombo (communauté séculaire issue du marronnage).
Source : Wildproject
Non-noyées est un livre de méditation pour soutenir les mouvements sociaux, un manuel de dé-noyade indispensable, basé sur les enseignements subversifs et transformateurs des mammifères marines. Nos cousines aquatiques sont queers, féroces, complexes, façonnées par les conflits et en lutte pour survivre aux conditions extractivistes et militarisées que le capitalisme a imposé à l’océan.
Gumbs utilise un brillant mélange de sensibilité poétique et d’observations scientifiques pour montrer ce qu’elles pourraient nous apprendre, produisant non pas un programme fixe, mais un espace de déploiement pour se questionner. Si nous nous mettons à les écouter, les baleines Noires de l’Atlantique du Nord, les dauphins d’eau douce, les phoques à capuchon, pourraient devenir les guides privilégiées des combats décoloniaux et anticapitalistes à mener. C’est une utilisation magistrale de la poésie au service de la justice sociale et des solidarités inter-espèces.
Source : Les Liens qui Libères
PANAFRICANISME
De la révolution haïtienne de 1791 à l'élection du premier président noir des États-Unis en 2008 en passant par les indépendances des États africains, Amzat Boukari-Yabara retrace, dans cette ambitieuse fresque historique, l'itinéraire singulier de ces personnalités qui, à l'image de W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey, George Padmore, C.L.R. James, Kwame Nkrumah ou Cheikh Anta Diop, ont mis leur vie au service de la libération de l'Afrique et de l'émancipation des Noirs à travers le monde. Mêlant les voix de ces acteurs de premier plan, bientôt rejoints par quantité d'artistes, d'écrivains et de musiciens, comme Bob Marley ou Miriam Makeba, la polyphonie panafricaine s'est mise à résonner aux quatre coins du " monde noir ", de New York à Monrovia, de Londres à Accra, de Kingston à Addis-Abeba.
Les mots d'ordre popularisés par les militants panafricains n'ont pas tous porté les fruits espérés. Mais, à l'heure où l'Afrique est confrontée à de nouveaux défis, le panafricanisme reste un chantier d'avenir, insiste Amzat Boukari-Yabara. Tôt ou tard, les Africains briseront les frontières géographiques et mentales qui brident encore leur liberté.
Source : La Découverte
Dans ce long entretien, cet historien et homme politique burkinabé revient sur son parcours d’intellectuel et d’homme d’action, engagé dès la première heure dans la lutte pour les indépendances africaines. Ki-Zerbo rappelle ainsi comment, conquis par le « non » de Sékou Touré - trop isolé à son goût - il a sans tergiversation abandonné la sécurité d’un poste de professeur à Dakar pour se rendre en Guinée au lendemain de l’indépendance. Créateur du principal parti d’opposition burkinabé, il revient aussi sur son immersion précoce dans un marxisme qui « affichait un volontarisme capable de transformer les sociétés ».
De ses maîtres à penser - Césaire, Senghor, Depestre… -, Ki-Zerbo se souvient avoir appris « un regard alternatif sur l’Afrique, un regard sans complexe ». Un regard qui se heurte aujourd’hui à des dirigeants africains « malheureusement convaincus qu’il n’y a pas grand chose à tirer de la culture africaine » et qui « se jettent à corps perdu dans les valeurs occidentales…
Source : Cairn
Quand, le 20 janvier 1973, Amilcar Cabral est assassiné à l'âge de 48 ans, ce n'est pas uniquement le dirigeant historique du mouvement d'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert qui disparaît. Le monde perd également l'internationaliste qu'il était, théoricien de la révolution et artisan de la Tricontinentale.
Cette édition reprend les écrits fondamentaux d'Amilcar Cabral, préfacée des mots d'Amzat Boukari-Yabara, elle permet de percevoir la puissance toujours actuelle de ses analyses et de sa vision de la Révolution.
Source : Premiers matins de novembres éditions
Dans cet ouvrage majeur initialement publié en 1969, Walter Rodney revient sur la situation des populations d’origine africaine en Jamaïque et la persistance du racisme d’État. Plus d’un siècle après l’émancipation du peuple jamaïcain de la puissance coloniale, l’auteur donne à voir un système oppressif reposant sur les élites locales, basé sur la persistance des violences policières, la paupérisation des travailleurs noirs et la hausse du chômage. Il montre en quoi la situation pour les populations locales n’a guère changé depuis l’abolition de l’esclavage et qu’elle reste encore profondément marquée par la discrimination de race et de classe.
Source : Édition B42
SOCIOLOGIE
À première vue, il n’en reste rien : le monde ouvrier semble disparu, le travail moins dur et plus intellectuel, les luttes envolées, et le capitalisme toujours bien en place. Pourtant, l’auteur montre que la notion n’est pas si anachronique qu’il y parait, et qu’elle permet d’aborder les transformations du monde du travail. Les nouveaux prolétaires, ce sont d’abord les mêmes que les anciens, soumis à un travail dur et des salaires faibles, puisqu’il ne faut pas oublier qu’un tiers des hommes en emploi aujourd’hui encore sont des ouvriers. Mais ce sont aussi désormais les employés. Et plus largement, ce sont les précaires, ces salariés fragiles et mal protégés qui se multiplient aujourd’hui, notamment parmi les femmes, les jeunes ou encore les immigrés. Si des prolétaires, il y en a donc encore, sont-ils pour autant unis et capables de se mobiliser collectivement, et donc de former une classe sociale ? Les obstacles sont nombreux et les luttes fragiles, mais les classes populaires continuent de se battre pour exister politiquement.
- Le livre remet en question des lieux communs, sur la disparition du monde ouvrier, la « moyennisation » de la société, la fin du travail, ou encore l’extinction des grèves.
- Il décrit la transformation des formes de domination au travail, notamment par la pression du chômage et de la précarité, générateurs d’inégalités et de tensions sociales.
- Il réactualise Marx, en observant les capacités de résistance et d’organisation de cet archipel de précaires, malgré la perte de vitesse de la gauche et des syndicats.
Source : Éditions Textuel
L’abstention, la montée des votes protestataires ou les « Gilets jaunes » constituent autant de symptômes d’une coupure entre les classes populaires et les partis. Contre les lectures simplistes, à partir d’immersions prolongées dans trois organisations (Front National, Union pour un Mouvement Populaire et Jeunes Communistes), l’ouvrage interroge comment les partis participent eux-aussi à démobiliser les plus modestes. Les militants rencontrés sont souvent ouvriers, employés, sans-emplois, précaires ou étudiants issus de ces milieux. Ils habitent en banlieue ou en milieu rural et s’impliquent dans les sections locales.
De réunions en congrès, de campagnes électorales en événements internes, ils se heurtent à des dispositifs élitistes, qui les empêchent d’accéder aux responsabilités : ils sont et resteront de « simples militants ». En observant leurs engagements non-professionnels, l’enquête met au grand jour leurs parcours, leurs doutes, leurs pratiques « de terrain » et leurs lectures sélectives des programmes. Les militants populaires se révèlent ainsi des témoins privilégiés des fractures grandissantes entre les citoyens et les représentants, les classes populaires et les classes aisées, « ceux d’en bas » et « ceux d’en haut ».
Source : PUF
Le secteur de la construction a souvent défrayé la chronique, mais le quotidien des chantiers demeure obscur. C'est ce qu'explore ce livre. L'auteur, qui s'est immergé durant un an dans le monde du béton armé parisien en tant qu'ouvrier, retrace ici son enquête. Au fil des expériences, il expose les conditions d'emploi et de travail liées au recours croissant à la sous-traitance et à l'intérim : infériorisation des travailleurs soumis à ces régimes, division des collectifs ouvriers, pratiques illégales d'employeurs, contradictions pesant sur la sécurité au travail, recours massif à une main-d'œuvre étrangère fragilisée, racisme et discriminations...
L'enquête ébranle certaines idées reçues et témoigne aussi des résistances des travailleurs concernés. S'ils s'affrontent rarement à leurs employeurs, ils entretiennent en revanche une révolte souterraine qui peut contraindre ces derniers à mettre en œuvre des aménagements. L'implication physique de l'auteur dans son enquête offre une immersion impressionnante dans cet univers méconnu du bâtiment.
Source : La Découverte
ROMANS ET CULTURE
Chef de famille, chômeur, pauvre et considéré, Ibrahima Dieng reçoit un providentiel mandat de Paris ; il essaie d'en toucher le montant. D'espoir fou en amères désillusions commencent alors ses tribulations. La grande habileté de Sembène Ousmane a consisté, dans ce récit, à reconstituer un monde à partir du plus modeste des événements.
Source : Présence Africaine
Un coup d'Etat traîtreusement orchestré renverse Gouama, le "Père Fondateur de la Nation", Président de la République de Watinbow. Le "Guide éclairé" réussit à s'échapper grâce à un âne. Dans sa fuite il est sauvé par des étudiants qu'il avait emprisonnés pour "communisme". Ces derniers l'aident à franchir la frontière pour la République de Zakro. Un plan est mis en place pour reconquérir le pouvoir perdu mais avec les nouveaux accords entre Watinbow et Zakro, l'ancien "Père Fondateur de la Nation" est livré au nouveau maître de Watinbow.
Source : Africultures
Diaw Falla, " le docker noir ", mène à Marseille une existence misérable et précaire, mangeant d'un bol de riz, logé dans un hôtel infâme, heureux encore si le matin il a pu trouver de l'embauche.
Il n'a, pour se retenir à la vie, que son amour pour Catherine, et l'espoir de devenir un grand écrivain. Le meilleur de lui-même, en effet, il l'a placé dans un roman qu'il a écrit pendant les brefs moments volés à la fatigue. Cette noble ambition l'aidera-t-elle à triompher du destin et des préjugés raciaux ? Ou le mènera-t-elle à sa perte ? Le docker noir est un long cri d'amertume où éclate un désir passionné de justice.
C'est aussi un avertissement, un document de première main sur la vie des minorités noires perdues dans les grandes villes européennes.
Il n'a, pour se retenir à la vie, que son amour pour Catherine, et l'espoir de devenir un grand écrivain. Le meilleur de lui-même, en effet, il l'a placé dans un roman qu'il a écrit pendant les brefs moments volés à la fatigue. Cette noble ambition l'aidera-t-elle à triompher du destin et des préjugés raciaux ? Ou le mènera-t-elle à sa perte ? Le docker noir est un long cri d'amertume où éclate un désir passionné de justice.
C'est aussi un avertissement, un document de première main sur la vie des minorités noires perdues dans les grandes villes européennes.
Source : Présence Africaine
Mom Dioum, l'héroïne, vit dans un pays ubuesque inénarrable, où le Timonier a décidé qu'il fallait tuer tous les fous qui raisonnent et ceux qui ne raisonnent pas. La Folie et la Mort raconte l'histoire d'une jeune fille partie subir un tatouage - cette épreuve d'endurance physique et morale - par expiation ou comme le dit l'héroïne "se tuer pour renaître". Epreuve d'ailleurs inachevée. C'est alors que commence pour elle la véritable initiation à travers une longue errance, tantôt onirique, tantôt fantastique et le plus souvent réelle qui la conduira aux portes de la folie et de la mort. Tous les héros - dont les histoires s'entrecroisent - sont tragiques, névrotiques. La Folie et la Mort est une allégorie : c'est l'agonie, plus précisément le destin d'un Continent en proie aux démons de la guerre civile, de la pauvreté, de l'endettement, avec son cortège de malheurs et d'abominations sur fond d'excommunications, de dictatures, de gesticulations idéologiques meurtrières et de grande misère, d'errance, de crise existentielle : l'Afrique. La Folie et la Mort est un récit âpre, véhément, sur fond de violence d'amour, de haine.
Source : Présence Africaine