Nous pensons qu’une des conditions pour mettre fin à toutes les formes d’oppression et d'exploitation suppose l’abolition du capitalisme et l’avènement de sociétés non hiérarchiques.
Nous prônons la Révolution.
Nous voulons contribuer à libérer les idées révolutionnaires de leur marginalité pour qu’elles deviennent plus massives et plus accessibles, en particulier auprès des personnes non blanches. Pour cause : tous·tes les travailleur·euses sont exploité·es par le capitalisme, mais certaines catégories sont surexploitées de par leur race, leur genre, ou la domination coloniale. D’où la nécessité de créer des espaces dédiés, afin de favoriser l’autogestion et le soin.
Aussi diverses et variées soient-elles, c’est dans le cadre d’un héritage panafricaniste révolutionnaire que nous cherchons à replacer nos cultures, nos productions intellectuelles, nos arts et nos manières de faire la fête en tant qu’outils d’émancipation. Nous croyons à la puissance d’une “résistance poétique et politique”.
La musique et les théories politiques noires doivent être au service du peuple. Elles ne peuvent se contenter d’exister en tant qu’artefacts dépolitisés, commercialisés et inaccessibles. Nous voulons casser le monopole de la bourgeoisie blanche sur la musique instrumentale live pour la réintégrer comme sphère populaire noire et mobilisatrice. Nous voulons diffuser les idées issues de la littérature politique noire. Nous voulons nous décentrer de l'universalisme occidental, à la fois esthétiquement et intellectuellement.
D’où l’idée d’un “sanctuaire” au sein duquel la joie est radicale, où le savoir est accessible et où des communautés de résistance se créent.
C’est dans le Nigéria des années 70 que le chanteur et musicien Fela Kuti comprend que la musique est une arme. Il ouvre l’Afrika Shrine, où les concerts d’afrobeat sont indissociables de leur portée politique. La salle devient l'épicentre de la résistance au gouvernement militaire. On y danse et on y débat. On écoute et on s'y politise.
En tant qu’enfants de la diaspora, nous héritons de cette perspective selon laquelle la musique n’est pas que distraction. Il s’agit d’un instrument culturel, spirituel, politique et matériel pour la Majorité Globale.
Le Shrine est notre réappropriation : fêtes, espaces de formation, actions collectives ; c’est un lieu où la jeunesse afrodescendante se rassemble, se rencontre, apprend à résister.
Nous voulons l’abolition des classes sociales, de la race, du colonialisme, des dominations de genre et toute autre forme d’oppression et d'exploitation à la fois dans les sphères humaines et non humaines. Nous voulons l’égalité, le bien vivre et la justice. Puis la paix.
Point sur la non mixité :
Le Shrine s’adresse aux personnes non blanches, mais reste ouvert aux allié·es.
Certains événements ponctuels peuvent être en non-mixité choisie, ce qui sera explicitement spécifié.